Né à Brest en 1970, Yann Tiersen reçoit une formation classique au conservatoire de Rennes puis à Nantes, étudiant le violon, le piano et la direction d'orchestre. Adolescent, il bifurque vers le rock indépendant avant de revenir, au milieu des années 1990, à une écriture instrumentale plus dépouillée qui fera sa signature.
Ses premiers albums — La Valse des monstres (1995), Rue des cascades (1996), Le Phare (1998) — installent un univers nourri de pièces miniatures, où l'accordéon, le toy piano, le violon et le piano dialoguent dans des formes proches du minimalisme post-Satie. La bande originale du film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), lui apporte une notoriété mondiale et le César de la meilleure musique de film en 2002.
Loin de se laisser enfermer dans cette esthétique, Tiersen explore ensuite des terrains plus rugueux et électriques (Les Retrouvailles, 2005 ; Dust Lane, 2010 ; Skyline, 2011). Son installation à Ouessant, où il fonde le studio The Eskal, devient déterminante : EUSA (2016) cartographie l'île en dix pièces pour piano accompagnées de field recordings ; All (2019) puis Kerber (2021) prolongent cette géographie sonore en langue bretonne.
Engagé dans la défense de la langue bretonne et de l'écologie insulaire, Yann Tiersen s'impose comme un compositeur-paysagiste dont l'œuvre conjugue racines locales et diffusion internationale, du conservatoire au cinéma.