Né en 1957 à Sainte-Tréphine, au cœur du pays Fañch dans les Côtes-d'Armor, Yann-Fañch Kemener grandit dans une famille de paysans bretonnants où le chant fait partie du quotidien. Il commence très jeune à chanter aux fest-noz et entreprend, dès l'adolescence, un travail systématique de collectage auprès des chanteurs traditionnels de la Bretagne intérieure.
Maître reconnu du kan ha diskan (chant à danser en tuilage), il publie en 1996 le double album Carnets de route, anthologie de gwerzioù et de complaintes qui devient une référence ethnomusicologique mondiale, saluée par un Grand Prix de l'Académie Charles-Cros. Son livre éponyme rassemble plus de 600 chants collectés.
À partir de 1995, sa rencontre avec le pianiste Didier Squiban donne naissance à une série d'albums majeurs — Enez Eusa, An dorn, Kemener-Squiban-Kerjean — où la mélodie traditionnelle bretonne dialogue avec les harmonies jazz et la musique de chambre. Kemener élargit ainsi le public du chant breton bien au-delà du fest-noz.
Auteur de plusieurs ouvrages (Chansons profondes de Bretagne, Carnets de route), professeur au conservatoire et passeur infatigable, il œuvre jusqu'à sa mort en mars 2019 à la transmission du répertoire. Son héritage continue d'irriguer toute la scène vocale bretonne contemporaine.