Moderne

Paul Ladmirault

1877 – 1944 · Nantes

Paul Ladmirault (Nantes, 1877 – Camoël, 1944) est un enfant prodige devenu compositeur modeste et engagé. Élève de Gabriel Fauré, co-fondateur des « Huit » ou « Cohorte bretonne » avec Ropartz et Aubert, barde du Gorsedd breton sous le nom d'Oriaf, il compose opéras (Gilles de Retz, 1893 ; Myrdhin, 1899–1921), ballets (La Prêtresse de Korydwen, Opéra de Paris, 1926) et mélodies d'une veine celtique profonde. Mort oublié dans son manoir de Camoël en 1944.

loire-atlantique Ballet Chœur Mélodie Musique de chambre Musique sacrée Opéra Symphonique
Paul Ladmirault naît le 8 décembre 1877 à Nantes, fils d'Émile Ladmirault, négociant et raffineur de sucre, et de Louise Bournichon, musicienne elle-même. Dans cette famille de la bourgeoisie nantaise d'ascendance morbihannaise, la musique est une pratique familiale. Le don de Paul se manifeste dès l'enfance : il compose une berceuse pour sa mère à huit ans, une sonate pour violon et piano à onze ans. Élève de seconde au lycée Clemenceau de Nantes — où il a pour condisciple Alphonse de Châteaubriant, futur romancier de La Brière —, il compose à quinze ans son premier opéra en trois actes, Gilles de Retz, représenté avec succès à la Salle des Beaux-Arts de Nantes le 18 mai 1893. Louis Bourgault-Ducoudray, qui a vu le manuscrit, a convaincu ses parents de l'envoyer à Paris. Admis au Conservatoire de Paris en 1895, il entre en 1897 dans la classe de Gabriel Fauré pour la composition, tout en étudiant l'harmonie avec Antoine Taudou et le contrepoint avec André Gédalge. Ses condisciples sont Maurice Ravel, Florent Schmitt, Louis Aubert, Georges Enesco, Alfred Cortot. Fauré le compte parmi ses élèves préférés ; Florent Schmitt affirme de lui qu'il est « le plus doué et le plus original » de sa génération. Adoubé par Debussy lui-même, Ladmirault orchestre quelques œuvres de Fauré et brille dans les concerts de la Société Nationale de Musique avant de rater le Prix de Rome — épreuve pour laquelle il ne semble pas taillé. Engagé corps et âme dans le mouvement culturel breton, il apprend le breton, compose sur des thèmes celtiques, traduit des textes gallois anciens et est reçu ovate du Gorsedd de Bretagne en 1908, prenant le nom bardique d'Oriaf. En 1912, avec Ropartz, Aubert et six autres — Collin, Duhamel, Le Flem, Martineau et Vuillemin —, il fonde l'Association des compositeurs bretons, surnommée « Les Huit » ou « La Cohorte bretonne » par le critique René Dumesnil. Modèle : le « Groupe des Cinq » russe, dont l'exemple prouve qu'une musique enracinée dans son terroir peut atteindre l'universel. En 1914, il quitte Paris le premier jour de la mobilisation depuis son manoir de Kerbili, à Camoël dans le Morbihan, pour rejoindre son régiment. Trois années dans les tranchées comme brancardier — il se bat cinq jours consécutifs près d'Arras — transforment un homme déjà modeste en une figure encore plus retirée du monde. Démobilisé en 1918, il rentre en Bretagne et devient professeur de contrepoint, fugue et composition au Conservatoire de Nantes en 1920. Ses œuvres les plus significatives sont traversées par l'âme bretonne et celtique : Suite bretonne (1903), Brocéliande au matin (1908–1909), Rhapsodie gaëlique (1909), Myrdhin — drame lyrique sur Merlin, commencé en 1899 et remanié jusqu'en 1921, dont la création n'interviendra qu'à Nantes en 2015. Le ballet La Prêtresse de Korydwen, créé à l'Opéra de Paris le 17 décembre 1926 dans des décors de la Schola Cantorum, est son plus grand succès public. La même année, il crée La Brière, poème symphonique pour le film de Léon Poirier tiré du roman de Châteaubriant — immense succès aux concerts Pasdeloup. En 1929, il fonde le Cercle Celtique de Nantes, un des plus anciens de Bretagne. Il s'éteint le 30 octobre 1944 dans son ermitage de Camoël, quasi oublié.

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