Formé au piano classique avant de se tourner vers le jazz dans les années 1980, Didier Squiban naît à Saint-Renan dans le pays d'Iroise et grandit au contact des chants et danses du Léon. Il joue d'abord dans des formations jazz parisiennes et bretonnes, accompagne de nombreux chanteurs traditionnels, et développe progressivement un langage personnel où la modalité bretonne irrigue l'improvisation.
Le tournant survient au milieu des années 1990 avec l'enregistrement de Molène (1995), pièce pour piano solo inspirée de l'île voisine et devenue un classique discret du piano français. Suivent Porz Gwenn (1997) et Rozbras (1999), formant une trilogie insulaire où la mer, la lumière et les mélodies traditionnelles deviennent matière musicale.
Ses collaborations avec Yann-Fañch Kemener (Enez Eusa, 1996) inaugurent une nouvelle manière de croiser kan ha diskan et harmonies jazz ; il travaille également avec Dan Ar Braz, Annie Ebrel et l'Orchestre Symphonique de Bretagne. Sa Symphonie iroise (2002) confirme son ambition d'écriture orchestrale.
Installé à Plouguerneau, Squiban poursuit une carrière de pianiste-paysagiste, enchaînant albums solo, ciné-concerts et commandes symphoniques. Son œuvre dessine une véritable géographie sonore du Finistère nord, reconnue bien au-delà des frontières bretonnes.