Contemporain

Paul Le Flem

1881 – 1984 · Radon (Orne) — se revendique de Lézardrieux

Paul Le Flem (1881–1984) est le doyen des compositeurs bretons, mort à 103 ans. Né en Normandie de parents bretons, il revendiquera toute sa vie Lézardrieux comme berceau. Élève de d'Indy et Roussel à la Schola Cantorum, il y enseigne à son tour le contrepoint à Erik Satie et André Jolivet. Son œuvre — quatre symphonies, deux opéras, des chœurs sur le folklore breton — couvre 75 ans de composition et témoigne d'une fidélité absolue à l'âme celtique.

cotes-armor Chœur Mélodie Musique de chambre Opéra Symphonique
Paul Le Flem naît le 18 mars 1881 à Radon, dans l'Orne, où son père Célestin, fonctionnaire des impôts d'origine bretonne de Lézardrieux, est en poste. La famille regagne rapidement le Trégor : le père meurt en 1893, la mère en 1885. L'orphelin de douze ans est accueilli par sa famille à Lézardrieux — ou plus précisément à Pleumeur-Gautier, le village voisin. Il grandit dans un milieu bretonnant, parlant breton à la maison et avec ses camarades, entouré de la mer, des landes, des genêts et des vieilles chapelles de granit. Cette expérience fondatrice irriguera toute son œuvre. Sa vie durant, il affirmera être né à Lézardrieux — un mensonge pieusement entretenu qui dit tout de son attachement à la Bretagne. À Brest, où il prépare l'École navale, une mauvaise vue l'éloigne de la Marine. Il obtient son baccalauréat et découvre la musique grâce à Joseph Farigoul, chef de la Musique des Équipages de la Flotte. Ce premier professeur d'harmonie, convaincu de ses dons, l'encourage à gagner Paris en 1899. Il s'inscrit en auditeur libre au Conservatoire dans la classe d'Albert Lavignac, et obtient parallèlement une licence de philosophie à la Sorbonne, où il suit les cours d'Henri Bergson. En 1902, il part dix-huit mois à Moscou comme précepteur, apprenant le russe et découvrant la musique slave. Rentré à Paris, il s'inscrit en 1904 à la Schola Cantorum, où Vincent d'Indy et Albert Roussel — lui-même ancien marin — lui enseignent le contrepoint et la composition. Le Flem succède à Roussel comme professeur de contrepoint dès 1923 et y enseigne jusqu'en 1939. Parmi ses élèves : Erik Satie et André Jolivet — qu'il n'hésitera pas à envoyer travailler auprès d'Edgard Varèse, le « fou furieux » de la modernité. Sa première période créatrice (1905–1914) est d'une fécondité remarquable : quatre grandes pièces pour piano (Par Landes, Par Grèves, Vieux Calvaire, Avril), une Sonate pour violon et piano, un Quintette avec cordes, une Première Symphonie, et des œuvres orchestrales comme Les Voix du Large et Pour les Morts (1913), méditation sur un cantique breton jouée quatorze fois par Vincent d'Indy lors de sa tournée américaine de 1922. La mobilisation de 1914 interrompt cette période féconde. L'entre-deux-guerres est marqué par une activité intense de critique musical au quotidien Comœdia (1921–1937) et de chef de chœur : directeur des Chanteurs de Saint-Gervais jusqu'en 1939, il s'y consacre à décloisonner répertoires et générations. La maturité voit Le Flem se tourner vers l'opéra et l'art choral. Le Rossignol de Saint-Malo (1938) est créé à l'Opéra-Comique en 1942. Il harmonise de nombreux chants populaires bretons rassemblés en recueils (fonds Médiathèque Mahler). Son œuvre lyrique puise systématiquement aux légendes bretonnes : La Maudite (1967–1971), « gwerz dramatique » d'après la ballade de la ville d'Ys et de Dahut, reste inédite et non représentée. Dans sa vieillesse, Le Flem ose même l'atonalité avec le Concertstück pour violon et orchestre (1964), avant d'achever sa Quatrième Symphonie à 94 ans (1975) — ses Préludes pour orchestre, inachevés (1976), constituent son testament musical. La cécité l'arrête en 1975. Il s'éteint à l'hôpital de Tréguier le 31 juillet 1984, à 103 ans, après avoir vu naître Debussy, la création du Sacre du printemps, et la musique électroacoustique.

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